Politis engagement à durée libre

AG du 9 février 2008, compte-rendu

30 avril 2008, par Patrick Piro
Cette deuxième assemblée générale était un rendez-vous important pour notre association : après un lancement dans l’enthousiasme du sauvetage du journal, fin 2006, cette rencontre annuelle des militants marque le véritable essor de « pour Politis », qui entend jouer un rôle dans la vie politique à gauche. Une assemblée chaleureuse, avec des participants motivés !

Environ 100 personnes étaient présentes au Caveau de la République (Paris).

Ouverture à 13h par Patrick Piro (président) : C’est finalement la première véritable AG de l’association. La première année d’existence de l’association — 2007 — peut être considérée comme une mise en route, sur l’élan du sauvetage de Politis. Les gens ont adhéré dans le mouvement : nous comptions 1 500 membres fin 2007. Aujourd’hui, c’est le véritable démarrage des activités de l’association « Pour Politis », et les adhérents savent qu’ils sont là pour ça. Les activités 2007 de l’association ont essentiellement consisté en des participations à des événements, des tenues de stands, des conférences, etc. Il y a une soixantaine de LC en France. Nous pouvons donc compter sur un réseau. Le journal est désormais à l’équilibre, viable et a une ambition : être au coeur de la reconstruction de la gauche. Il va être conduit à intervenir de façon plus importante au niveau politique. Il existe un potentiel de résistance au libéralisme, une volonté de reconstruction de la gauche et Politis doit en être porteur. Appel pour trouver de nouveaux lecteurs-correspondants (LC)Notification de l’existence du « guide du vendeur bénévole » de Politis, d’affiches, dépliants, journaux à disposition

Présentation de la présence de l’association sur des salons et événements en 2007, par Françoise Borel (Conseil d’administration – CA) : Les adhérents ont reçu la liste de 26 salons tenus. 70 bénévoles se sont mobilisés tout au long de l’année. (Primevère, Marjolaine, Equit’Expo, etc.). Cela demande beaucoup d’énergie, notamment pour établir les contacts avec les bénévoles de toutes les régions. De plus, les organisateurs de salon ne sont pas habitués à travailler avec des gens comme nous. Généralement, ils donnent un seul badge par participant, or nous avons très souvent des gens qui se relaient chaque journée. Ils faut donc en plus négocier avec les organisateurs des façons de travailler différentes. Soyez à l’affût de ce qu’il peut se passer dans vos régions. Puis contactez le journal ou moi, on s’organise pour envoyer des journaux, on annonce la manifestation dans l’agenda du site web, puis selon la place dans l’agenda du journal « papier ». Recette : 8 000 euros de montant brut cette année. Il s’agit de ventes réalisées pour le compte du journal, l’association intervient grâce à ses bénévoles. Il faut en soustraire des frais. Certains stands sont payants, même si parfois on négocie la gratuité en échange de publicité dans le journal papier. Il faut compter l’envoi des journaux en région, aussi.

Présentation du réseau des LC par Jean-François Hamon (CA) : Le rôle d’un LC doit être de représenter l’association auprès des adhérents, pour solliciter des salons, assurer la visibilité du journal. C’est une sorte de référent. Une dizaine ou une douzaine de LC constituent un groupe plus actif. Petit tour d’horizon, notamment grâce à une enquête réalisée il y a six mois. Lille : deux personnes qui s’appuient sur un groupe Attac, d’ailleurs adhérent de l’association Pas-de-Calais : mise en ligne d’un site wiki Strasbourg : G.Federman assure la visibilité Paris : ce sont les plus nombreux, assument la logistique de stands en Île-de-France avec Françoise Borel Morbihan : tenue de stands essentiellement Orléans : s’appuient sur un bar qui diffuse la presse associative. Poitiers : structuration du réseau de longue date, avec l’ancienne association. Charentes : avec Aude Labat, plusieurs stands tenus et réunions avec des adhérents « du coin ». Vaucluse/Avignon : une réunion effectuée Gard : initiatives nombreuses de Georges Pons, augmentation du nombre d’adhérents et partenariat avec « Impatience démocratique ». Débat avec Denis Sieffert en décembre dernier. Landes : création d’une association locale Pour Politis Landes. Débat sur la Colombie Hérault : groupe existant de longue date. Débats organisés depuis longtemps. Bien sûr, tous ne sont pas cités, mais il y en a d’autres.

Présentation des comptes par Isabelle Péresse (CA, trésorière) : (voir le document que tous les adhérents ont reçu par courrier ou courriel)

Patrick Piro : il reste un reliquat de la souscription de l’an dernier, de 50 000 euros environ, que nous n’avons pas eu pour obligation de mettre au capital de Politis. Il constitue un fonds de réserve pour le journal, « en cas de coup dur ». Il faut donc considérer que le budget, c’est les adhésions et les prélèvements.

Jean-Louis Gueydon : A-t-on une idée du taux de renouvellement des adhésions ?

Patrick Piro : actuellement, il y a 480 adhésions. Il n’y en aura pas autant qu’en 2007, car à l’époque il y avait l’élan du sauvetage, mais pas forcément de volonté d’engagement plus concrète par les donateurs. Il y a 100 nouvelles adhésions cette année. Là, il n’est plus question d’élan, mais bien de construction nouvelle.

Jean-François Hamon : Les LC ont tenu une réunion ce matin. Ce n’est pas une structuration formelle, mais il y a une volonté de pratiquer des échanges plus fournis. Il faudrait faire une liste de diffusion améliorée entre les LC, sur les questionnements, les contenus du journal, les actions à mener pour faire connaître Politis, etc. Il y avait 17 personnes.

Jean-Claude Diébolt (LC) : Dans la réunion de ce matin, j’ai vu deux missions principales : l’accompagnement logistique (ventes), et les débats. Politis doit faire circuler les idées. Mais il y a une ambiguïté : l’adhésion est individuelle, pourtant les gens appartiennent souvent à des réseaux, des associations, des organismes. Je pense qu’il serait intéressant de faire état de ces appartenances, sans pour autant faire de propagande.

Une participante : nous organisons des réunions. Je me demande comment construire une nouvelle société sans lire la presse, sans se tenir au courant ? Comment faire lire davantage les gens ? Puis-je distribuer le journal ?

Dominique Weyland (LC) : Pour notre groupe d’Orléans, c’était une année blanche. Nous avons 5 ou 6 adhérents. Nous participons à des fêtes alternatives. Mais on n’a pas de trésorerie. Pour avoir une salle, on peut passer par le Chiendent (une association qui a une salle), mais pour cela il faut cotiser. La solution, c’est de créer une cotisation locale « Pour Politis ».

Patrick Piro : Comment développer le réseau ? Cette année, le Conseil d’administration a décidé que les demandes budgétaires des groupes seraient examinées au cas par cas, mais que la priorité était de renforcer le secrétariat national pour animer le réseau.

Le quorum est atteint (grâce à la présence de près de 150 pouvoirs). Mise au vote du bilan moral et financier à main levée : adopté à l’unanimité.

Point technique : modifications statutaires, sur l’article 11 : − Une coquille corrigée − Les AG pourront être convoquées par des annonces dans Politis − Il peut être proposé un vote à main levé sur proposition du président

Denis Sieffert (CA, directeur de Politis) présente le bilan du journal : Je vais être rapide, reportez-vous au numéro sur les 20 ans qui vient de sortir. Le bilan de l’entreprise n’est pas encore consolidé. On a engagé un prestataire de service pour la partie gestion. Des rapports nous seront remis cette semaine. On aura une ébauche du prévisionnel pour 2008. L’année a été très dure et formidable grâce à vous : Politis est aujourd’hui bénéficiaire de 200 000 euros. Les chiffres de vente ont augmenté. On est passé en un an de 7 000 abonnés à 11 600. C’est une progression très importante à notre échelle. Avec une augmentation des ventes en kiosque : de 2500 à plus de 4000 en moyenne aujourd’hui. Le numéro d’été sur Mai 68 : 9000 exemplaires ; le dernier « hors-série » : 7 000 exemplaires. Nous avons fait aussi beaucoup d’économies sur les prestations de service. C’est suffisant pour faire un bénéfice, ce qui est une première dans l’histoire de Politis, mais pas suffisant pour un développement conséquent. Nous avons profité du sauvetage et d’une année particulièrement politisée. Et nous avons encore pas mal de problèmes techniques à résoudre avec l’imprimerie. Nous avons changé notamment d’imprimeur l’an dernier. L’affaire des abonnements : avant, nous étions avec une boîte qui avait des difficultés, puis elle a fait brusquement faillite en juillet. Il a fallut se récupérer extrêmement vite. Mais nous avons été mal orientés. La nouvelle entreprise n’a pas les moyens d’offrir les prestations dont on a besoin (exemple : traçabilité des campagnes de recrutement de lecteurs). Il y a aussi de nombreuses erreurs. Nous allons donc changer de prestataire.

(Denis Sieffert évoque ensuite l’actuel conflit du journal avec deux salariés. Ces affaires sont en cours de procédures.)

Les réunions à venir vont voir l’amorce de politique sociale complètement absente lors de la gestion précédente. Des priorités : augmentation des piges, accompagnement de l’indice du coût de la vie, régulariser de statuts, etc. L’équipe est en surchauffe. Les gens travaillent tous trop. Physiquement, c’est dur, et pas assez de temps pour pouvoir réfléchir à l’évolution du journal. Notre rêve, c’est de chambouler tout ça en modifiant les normes de travail de chacun.

Patrick Piro : Il existe aujourd’hui des délégués du personnel, qui n’avaient pas été élus depuis des années. Les actionnaires se soucient aussi des questions internes, ce qui n’était pas le cas avant.

Josiane Nigaud (LC) : Si le journal trouve des lecteurs, c’est que les articles sont bien écrits.

Jean-Louis Gueydon : Et pourquoi pas un système d’intéressement des salariés ?

Denis Sieffert : Ce n’est pas exclu. Mais même avec les chiffres de cette année, ce serait difficile car nous devons développer le journal.

Didier Delinotte (LC) : J’ai l’impression qu’il y a deux types de pigistes...

Denis Sieffert : Le statut est défini par la loi. Le pigiste est un salarié comme un autre. Si les piges sont régulières, une baisse des piges équivaut à une rupture de contrat. Pourtant, il y a des différences : exemple pour la rubrique « théâtre » : il s’agit d’une spécialité, il n’y a pas vraiment besoin de venir en conférence de rédaction. Par contre, pour l’actualité, les pigistes viennent défendre leur papier en participant à la conférence de rédaction.

Un participant : Qu’en est-il des locaux ? Sont-ils suffisants ?

Denis Sieffert : Les locaux sont inefficaces et sympathiques. C’est central dans Paris, et on peut y accueillir des gens (ex : Comité National pour le Référendum). Si on se développait beaucoup, il faudrait envisager de changer, mais ce n’est pas d’actualité.

Emmanuelle Dupuis : Nous passons trop de temps à parler des difficultés. Vous n’échapperez jamais à ces problèmes, je parle d’expérience.

Dominique Gentil : Combien de salariés, de pigistes à Politis ?

Denis Sieffert : 13 salariés permanents, dont 3 à mi-temps (y compris le ménage, l’administratif, la fabrication, la communication...). 6 personnes à la rédaction. Donc on recourt à des pigistes. L’un d’eux n’est pas là car envoyé spécial en Italie.

Un participant : Quel est le statut de Politis ?

Denis Sieffert : C’est une SAS, avec un conseil de direction. Actionnariat classique, dont 65% est aux mains de l’association. La grande majorité du reste est détenue par quatre personnes Pascal Boniface, Valentin Lacambre, Laurent Chemla et Jean-Louis Gueydon.

Xavier Frison présente le site du journal : Il existe depuis plus d’un an, et plus d’un million de visites. Avec le « blog des rédacteurs », cela fait environ5 000 visites par jour. On a des problèmes avec les connexions de certains abonnés. C’est lié au prestataire de service pour les abonnements. Mais les gens sont patients (merci !), et c’est en cours de résolution. À Courchevel, Politis a remporté la « coupe des blogs d’information », avec un prix remis par PPDA !

Pause

Patrick Piro présente les projets de l’association : Nous avons d’ores et déjà 5 rendez-vous pour 2008 :

  • Les élections municipales ;
  • après le numéro sur les 20 ans de Politis, le numéro 1 000 est annoncé ;
  • la production d’articles par les adhérents de l’association ;
  • la refonte des sites de Politis, de l’association et du blog des rédacteurs sous un portail commun
  • le projet de préparation d’un colloque pour octobre autour de la thématique « les questions qui fâchent à gauche ».

Denis Sieffert présente les perspective du journal : Le glissement de la gauche vers la droite, amorcé depuis quelque temps semble changer de nature. L’ancienne gauche italienne renonce à une autre définition de la gauche et il semble que les socialistes en France suivent la même voie, la dernière campagne électorale le démontre. Les positions prises sur des questions sociétales légitiment à leurs yeux l’abandon du social et de l’écologie politique. À ceux qui reprochent à Politis d’attaquer le PS, je réponds qu’il le défend contre ses dirigeants ! Pour les années qui viennent le « marché » de la gauche est donc à prendre. Ou bien la société s’américanise et 50% des gens ne s’intéressent plus à la politique ou bien une partie des gens ne se résigne pas et c’est une raison d’être optimiste. Dans une forme de résistance à la française, Politis a toute sa place. Au cours des rencontres avec les lecteurs, un des reproches exprimé est que Politis est un excellent observateur mais pas assez impliqué. Il pourrait être plus acteur sans pour autant perdre de son indépendance et de sa neutralité au sein de la gauche. C’est dans cet esprit que les initiatives annoncées seront entreprises avec l’aide de la « force de frappe » que représente l’association. Celle-ci a contribué à la promotion du journal mais elle peut aller plus loin, en profitant des batailles locales, et rompre l’isolement des citoyens autrement que dans un parti politique ou au sein de tel ou tel mouvement. La reconfiguration du site et l’évolution de la maquette du journal permettront la prise en compte des initiatives locales. Ce « journal des lecteurs », différent du courrier des lecteurs sera réservé à l’expression des adhérents et des lecteurs correspondants. Yanic Gornet présente le nouveau site de « pour Politis » : Il sera très interactif, avec des articles de lecteurs suivis d’un forum, des informations sur des actions, des petites annonces, des nouvelles de l’association… Les contributions seront adressées par courrier, électronique ou non, et publiées après relecture, et éventuelle demande de compléments par un comité éditorial.

Chris Even (LC) : Je suis intéressé par une participation sur le fond qui amène à une meilleure motivation et qui remet en cause le « pouvoir » des journalistes.

Daniel Dériot (LC) : Je me reconnais totalement dans l’analyse politique de Denis Sieffert. Mais quel serait le champ d’action de l’association ? Ne risque-t-elle pas d’empiéter sur le terrain d’autres organisations, type ADELS ?

Didier Delinotte (LC) : Est-il possible d’envisager la création d’un site régional comme une extension du site national ? Une implication de Politis ne risque-t-elle pas de fausser son rapport à la gauche et de nuire à sa neutralité ?

Un participant : Pas toujours d’accord avec les analyses politiques de Denis Sieffert mais c’est justement ce qui m’intéresse. Il faut reconnaître que chacun est pétri de contradictions, même si ce n’est pas facile lorsqu’il s’agit de reconstruire. Il faut chercher le consensus mais ne pas négliger les divergences.

Michel Soudais (administrateur) : La question de la concurrence avec d’autres organisations n’est pas le problème. À propos des municipales, il s’agit d’élargir le champ des sujets à couvrir, par exemple une question « Intercommunalité et démocratie » ou celle de l’eau au moment où les contrats sont à renouveler. Autant de communes, autant de cas de figures, d’où l’intérêt de faire remonter des infos locales. L’important aussi est de rendre compte d’expériences originales qui peuvent profiter à d’autres.

Bruno Olivier (LC) : Je suis en accord avec l’orientation de Politis et le constat d’une forte attente de démocratie dans la société. Cependant, je mets en garde contre les dangers d’une instrumentalisation. Il faut que la participation des citoyens soit bien réelle mais aussi rester vigilant : attention à l’entrisme de certaines organisations. Le journal peut être un médiateur et avoir une fonction d’éducation populaire et de ce point de vue, j’approuve le projet de colloque. Mais attention à ne pas refaire ce qui se fait ailleurs. Pourquoi pas un espace sur le site réservé aux échanges entre lecteurs-correspondants ?

Patrick Piro : Il est bien prévu sur le site un espace et/ou un blog pour les lecteurs mais la difficulté pour un forum est de trouver l’indispensable médiateur.

Jean-Louis Gueydon : J’ai une inquiétude quant au comité éditorial. Une censure des articles amènerait à un mécontentement. Il devra rendre compte sur les sélections effectuées.

Jean-Claude Diébolt (LC) : Je perçois le journal comme un « agitateur » mais comment faire sans les partis politiques ? Comment se feraient les rassemblements, l’organisation de luttes ? Une médiacratie participative est à inventer mais Politis en a-t-il les moyens ?

Un participant : d’accord pour l’idée de défendre le PS contre ses dirigeants, mais il ne sert à rien d’attaquer les partis. Il y a sur le terrain des militants avec qui travailler même si on n’est pas d’accord avec les directions.

Patrick Piro : Il y a dans la pratique journalistique une grande habitude de faire des choix, donc pas trop d’inquiétude pour l’arbitrage du comité éditorial d’autant que la place est beaucoup moins limitée sur le site que sur le papier. Les vraies craintes sont en fait celle du vide, que cela n’intéresse pas grand monde, ou du trop plein et que le comité soit submergé.

Patrick Weyland (LC) : Politis doit aider à réfléchir- mission particulièrement remplie par l’édito et le bloc-notes- sans forcément apporter des réponses à tout. Dans l’espace libéré à gauche, Politis n’a pas besoin d’être un parti. Plusieurs correspondances (OGM, sans-papiers, Palestine) n’ont pas été reprises par Politis , comment trouver le bon moyen ?

Yanic Gornet : Si les gens envoient des papiers, pourquoi ne seraient-ils pas publiés ? Le comité éditorial risque d’avoir beaucoup de travail et doit apprendre comment faire. Aux contributeurs de s’approprier l’outil.

Réjane Sourrisseau : Ouvrir un espace de participation aux gens n’est pas les noyer sous une masse d’informations. Tout le monde ne maîtrise pas bien l’écrit. Pour franchir cet obstacle ne serait-il pas possible que sur un sujet proposé par un lecteur, un journaliste réalise une interview, une commission de consultation ayant donné son avis au préalable ?

Georges Martel : Membre du PS, je me déclare très satisfait de la ligne éditoriale de Politis mais personne, sinon eux-mêmes, n’a à dicter leur conduite aux membres des partis politiques.

Raphaël Sardou (LC) : Prudence à propos des partis : tous les militants ne sont pas à mettre dans le même sac. Mais dans certaines situations concrètes leur seule bonne volonté ne suffit pas à suppléer aux difficultés.

Danièle Lerne : Je souhaite que Politis intervienne dans les municipales en procédant à l’inventaire des expériences de démocratie participative : quel déroulement, quels résultats ?

Christophe Hector : je déplore pour ma part que Politis ne parle plus de la mouvance libertaire.

Philippe Vicherat : Lors d’informations « sensibles », par exemple un suicide sur le lieu de travail, jusqu’où un non journaliste peut-il aller ?

Patrick Piro : Dans ce cas, il faut alerter la rédaction de Politis pour éventuellement couvrir l’événement avec un journaliste. Le lecteur est dépositaire d’une expertise sur la situation, pas forcément de la compétence journalistique.

Denis Sieffert : Sur la question de l’implication, il ne s’agit pas que Politis devienne un parti politique. Il s’agit de soutenir toute initiative qui peut unir et rassembler : appel, colloque…, vers le mouvement social, les politiques, etc. Sur les municipales, sont souhaitables les remontées d’expériences qui ont valeur d’exemples plutôt que les cas particuliers. Le premier sélectionneur est le lecteur lui-même. Politis n’est pas en quête de « scoop » et il faut garder une certaine prudence : attention à la plainte en diffamation. L’élément politique à rechercher est ce qui rassemble sur des enjeux sociaux, culturels, écologiques… Le PS existe, il faut compter avec lui, ne pas être sectaire, on peut saluer quelque chose de bien sans s’inféoder. Un hebdomadaire comme Politis réagit à l’actualité, ce qui sous entend une part de subjectivité voire de droit à l’erreur. Les partis politiques structurent encore la vie militante et Politis a autre chose à faire que de les « canarder ». Il n’a pas non plus à en choisir un, mais à rester sur une ligne ouverte et tolérante. L’important est de donner le sentiment au lecteur qu’il n’est pas tout seul. L’objectif est d’élargir le réseau : pourquoi pas 1 000 abonnés de plus pour le numéro 1000 avec 100 lecteurs correspondants de plus d’ici à fin 2008 ?

Témoignages de quelques lecteurs-correspondants :

Fabienne Delabouglisse (Nord) : pour les stands et manifestations diverses, un fac-simile de Politis à distribuer gratuitement serait le bienvenu.

Georges Pons (Gard) : Il faudrait réfléchir à lune définition plus poussée du lecteur-correspondant.

Jean-François Hamon (Landes) : Les Landes sont un département très rural et très étendu. Une association locale « pour Politis » a été créée pour disposer de plus de moyens (subventions, salles…). Une proposition émane de cette association pour Politis : contribuer à initier une pétition pour reconnaître aux guérillas sud-américaines ( FARC, ELN) un statut de belligérants afin de favoriser la possibilité d’accord humanitaire et bénéficier des dispositions des Accords de Genève.

Josiane Nigaud (Morbihan) : J’ai été sollicitée par un collectif de handicapés pour représenter Politis lors d’une action. Que peut valider le journal ? Que peut-on s’autoriser au titre de Politis ?

Denis Sieffert met en garde sur la confusion possible des « casquettes » et souhaite que dans ce type de situation, la rédaction soit avisée.

Patrick Piro lève la séance à 17 heures.

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