Jusqu’à quand ?

Comme il n’est pas question de mener le saumon en bateau, je me propose d’apporter à tous nos amis poissons d’eau douce, et amateurs - comme nous - de contre-courant, quelques précisions sur la situation de Politis. Jetons-nous à l’eau. Nous avons écrit « quinze jours pour gagner », c’était le 12 octobre. Et le saumon ayant compté sur ses nageoires, il a pu en déduire que notre souscription prendrait fin le 31 octobre. Puis nous avons écrit que « pour cause de Toussaint », l’audience qui marquerait la fin de notre campagne, et - espérons-le - le début d’une nouvelle vie, se tiendrait le 8 novembre. Et voilà que nous vous refaisons le coup : ce n’est plus le 8, c’est le 15. Et encore ! On peut imaginer que le jugement sera mis en délibéré à huitaine. Sur ses nageoires, le saumon compte : cela nous mène autour du 22 novembre. Bien sûr, nous aurions été les premiers à vouloir franchir l’écluse (le sas, le barrage, que sais-je) un peu plus tôt. Mais nous ne sommes pas maîtres du calendrier judiciaire. L’audience du 8 a été fort brève, le tribunal souhaitant disposer d’autres pièces au dossier et en particulier d’un plan prévisionnel sur cinq ans qui ne nous avait pas été demandé initialement. Nous y travaillons donc pendant ces quelques journées fiévreuses. Mais disons que l’impression générale est que l’on ne nous demande pas tout ça pour rien. Nous irons donc sereins à l’audience du 15 novembre. Sereins et forts d’un financement qui frôlait jeudi soir les 950 000 euros. Nous dirons ensuite aux saumons l’usage que nous comptons faire de cette somme. + grand traits, disons déjà qu’il y a l’offre de reprise du journal, la reprise de la dette abonnés, puis le chiffrage du plan de développement (tout cela fait plusieurs centaines de milliers d’euros) qui devrait permettre à Politis de franchir quelques paliers. Lesquels ? Comment ? Nous en reparlerons le moment venu. En attendant, la difficulté est de vous informer quand il ne se passe rien. Reportage en direct du désert des Tartares. Car ces retards, ces reports, ces contre-temps n’ont guère de signification sur le fond, et notre propension à tout vouloir interpréter est sans aucun doute abusive.

Mais alors, cette souscription ? Eh bien, nous pouvons dire sobrement que l’objectif financier est atteint. De là à interdire aux saumons retardataires de remonter encore un bout de rivière avec nous, il y a une brasse que nous ne franchirons pas. Autrement dit : l’association Pour Politis est toujours accueillante. Mais d’ores et déjà, il y a une autre façon d’aider Politis, c’est de s’abonner, d’abonner un ami, d’encourager l’abonnement d’un proche. Tout cela afin, comme nous le dit joliment un lecteur, que le saumon ne devienne jamais une carpe.

Denis Sieffert